L'Ardenne Jadis...

Quand Antoine Laurent (1733-1796) et son épouse Marie Clossen quittent les Petites Tailles pour s’installer dans le hameau de Règné au milieu du XVIIIe siècle, le paysage et la vie sont bien différents de ce que nous connaissons de nos jours…

Si les nombreuses périodes de guerres et pillages, de maladies (la peste principalement) et de disettes avaient mis la population rurale sur les genoux au siècle précédent, la vie n’en reste néanmoins pas moins dure pour cet ancien de Regné et sa famille vers 1760.   la plus grande partie de son temps consiste probablement en un dur labeur pour nourrir ses 4 enfants et leur donner un avenir…

 

Mais les Ardennais sont durs, travailleurs et persévérants, ils surmontent les pires événements et leur vie s’écoule contre vent et marée entre le travail et la religion… Le travail pour leur survie matérielle, la religion pour leur réconfort spirituel et surtout l’espérance d’une vie meilleure… hé oui, nos aïeux ne devaient pas trop connaître les dépressions et autres burn-outs… ils n’en avaient pas le temps car il en allait de la survie et de la pérennité de leur famille.

Carte+1735+orientée+Nord
Neufchateau+lavandières+vers+1913+recto
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Bastogne+vers+1913
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Probablement Antoine a-t-il élevé des moutons, comme la plupart des paysans de l’époque ; moutons du village, gardés par un herdier engagé par la commune. Il eut certainement aussi quelques porcs et des vaches ou bœufs comme bêtes de trait. Il devait avoir quelques parcelles de terrains pour cultiver le seigle et l’avoine, le peu de terre non boisée ou non couverte de bruyères était trop pauvre pour l’élevage bovin et pour le blé… et pour améliorer son quotidien, il avait certainement son « courtî » (potager)… pas de grands magasins non plus, mais sûrement un ou deux épiciers locaux et des colporteurs qui fournissaient les biens non produits sur place…

Avec 70% de leurs ressources dévolues à leur alimentation, je crois que nos ancêtres vivaient « chichement », mais je suis persuadé aussi qu’ils avaient « bon », qu’ils profitaient aussi de la vie, fût-elle parfois pénible avec son lot d’infortune.

Vu les pauvres lignes de communication (peu de routes, de transport, presque pas de courrier puisque peu savaient lire, l’isolement était leur lot, l’endogamie régnait en maître (on « hanteû » et on se mariait dans le village). Pas de téléphone, pas de radio, pas d’électricité… bref Règné, comme les autres localités, vivait en autarcie… Mais quoi qu’il en fût, le niveau de vie n’était pas plus bas que dans le reste du pays… et n’allez pas croire qu’ils n’avaient pas de repos : en plus des dimanches, la religion leur apportaient presque 100 jours chômés par an jusqu’au Concordat de 1812 qui les réduisit quelque peu !

 

Texte inspiré de «L’Ardenne herbagère» – P. Mardaga éditeur - 1992), des publications de l’A.S.B.L « Val du Glain, Terre de Salm » ainsi que des témoignages de René Dubois, Léontine Lamboray et Maurice Boulangé.

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